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Conseil d'Administration

Business Plan 2010/2015 :

la SNCF en appelle à son actionnaire.


Il y avait un seul sujet à l’ordre du jour du CA exceptionnel du 6 juillet 2010 : le plan d’affaires 2010-2015. L’exercice, qui a mobilisé les comités du conseil pendant la dernière semaine de juin revêt un caractère quelque peu artificiel. Toutefois, il reste fort intéressant dans la mesure où il s’agit d’une première pour l’entreprise sur le périmètre groupe. Ce travail s’inscrit dans le cadre des réflexions en cours sur la stratégie de l’entreprise dans un contexte d’ouverture généralisée à la concurrence du mode ferroviaire. Il constitue par ailleurs un élément complémentaire dans les débats en cours sur l’équilibre global du système ferroviaire français et s’invitera à ce titre dans les travaux dits de la triplette : État, RFF et SNCF.

 L’exercice a toutefois été mené dans des conditions assez particulières. En effet, lorsqu’une entreprise en situation de monopole est sur le point d’être confrontée à l’ouverture à la concurrence, situation à laquelle n’échappe pas la SNCF (construction de l’Europe libérale oblige), elle répond le plus souvent par une stratégie de croissance externe à l’international, stratégie mise en place pour compenser les pertes de chiffre d’affaires sur son marché domestique. La SNCF est dans cette optique. Mais pour le Business Plan (BP) 2010/2015, il a été demandé aux branches de raisonner hors croissance externe (en dehors des coups partis).

Quel est donc, à l’horizon 2015 voire 2020, le profil de la SNCF selon la vision de nos Dirigeants. C’est, dans cette vision du BP, un groupe de transport gardant ses cinq métiers et qui voit son CA bondir de 30% entre 2010 et 2015 pour atteindre 39 G€, contre 30G€ en 2010 après intégration de KEOLIS (pour mémoire, le CA-2009 était de 25G€). Dans cette croissance de 9 G€ du CA, avant croissance externe, 55% vient de l’EPIC et 45% des filiales. Les cheminots à statut, principalement employés dans l’EPIC, deviennent minoritaires dans l’ensemble des effectifs groupe. La branche Proximités devient la première du groupe en terme de volume d’affaires avec 14 G€ de CA devant SNCF-Voyages et SNCF-GEODIS.

Pour l’UNSA, cette présentation du BP hors croissance externe nouvelle reste un exercice de prospective permettant d’abord de juger de l’opportunité de certains choix stratégiques à faire dans les prochains mois.

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Comptes 2009  I.F.R.S. :

Injonction Financière Récession Sociale

Le Conseil d’Administration du 24 mars 2010 a été largement consacré aux comptes 2009. Je ne m’appesantirai pas sur les chiffres qui ont été communiqués dans le temps réel n° 31/10.

 

Pour rester synthétique, disons que, logiquement, les comptes 2009 portent les traces de la crise. Ils sont mauvais et, pour la première fois depuis plus de 10 ans, le budget n’a pas pu être battu, selon l’expression chère au président GALLOIS, pire il n’a pas été réalisé. Pour autant, ces résultats ne sont pas si catastrophiques que la presse a bien voulu l’écrire :

• Chiffre d’affaires en très légère baisse malgré la bonne tenue de l’Infra et de TER,

• Résultat net récurrent à l’équilibre grâce à la réalisation d’un plan d’économies pour 550 M€,

• Résultat net part du groupe à – 1 G€ principalement à cause des dépréciations d’actifs,

• Cash flow libre de - 500 M€ qu’il convient de rapprocher des 325 M€ d’investissements imposés au nom du plan de relance gouvernemental et des 183 M€ de dividendes versés à l’État en pleine crise au titre des résultats 2008.

 

Ces résultats 2009 accusent toutefois une dégradation très significative par rapport à ceux de 2008 qui avaient déjà marqués une rupture dans la trajectoire de redressement financier de la SNCF. Par rapport à 2008, le résultat net récurrent baisse ainsi de 500 M€, le résultat net part du groupe perd 1,5 G€ et le cash flow libre négatif se creuse de 400 M€ supplémentaires. Au final, compte tenu des opérations de croissance externe enregistrées en 2009, la dette progresse de nouveau de plus d’1 G€ et ressort à 7,2 G€. Elle reste pourtant en deçà de la prévision budgétaire grâce aux efforts réalisés notamment au second semestre.

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