SIRIUS - L’outil ou le Contexte
Décembre 2006, 3 ans déjà que naissait l’idée d’un outil permettant de consulter de n’importe où les documents de conduite des ADC, et d'alléger ainsi leur sac.
Année 2008 : Environ 120 ADC testent une version expérimentale du nouvel outil communiquant et s’expriment favorablement sur la poursuite du projet.
Année 2009 : La version aboutie ainsi que l’outil choisi (PDA) sont déployés sur 4 sites. Et c’est là que l’affaire se « corse ». Des expertises, lancées par 2 CHSCT locaux, ont pour effet de stopper net le déploiement National. Le risque financier pour la SNCF est trop important de voir chaque CHSCT lancer une expertise.
La Direction de la Traction répond alors favorablement à une demande commune des quatre OS représentatives et lance une expertise nationale sur le « phénomène » SIRIUS. Actuellement, le cahier des charges de cette expertise est en cours de rédaction. L’UNSA Cheminots y participe activement. Ses adhérents (CTT et DPX) utilisateurs de l’outil sont consultés, et la liste des dysfonctionnements s’allonge. Le produit n’est pas pour autant totalement dénigré par les ADC, nous en sommes les premiers surpris. Baser nos revendications sur du vécu prend ici toute sa valeur. Mais il est tout de même triste de constater que certains négociateurs basent encore les leurs sur d’hypothétiques suppositions: « cela nous rappelle la neige au 14 juillet que tout tractionnaire redoute ….».
Partant du constat qu’il est totalement impossible de concevoir un outil qui convienne à l’ensemble des futurs utilisateurs, on peut tolérer certains inconvénients techniques. Ces derniers doivent, bien entendu, rester sans effet négatif sur notre niveau de sécurité et limités dans le temps. Seulement tout n’est pas aussi simple puisque l’outil génère actuellement plus de contraintes que d’avantages. Les manipulations sont relativement longues et complexes, ce qui engendre une perte de temps ainsi qu’une réactivité moindre. Les « Bugs » informatiques sont encore très nombreux. L’outil déçoit ! Mais est-ce le seul problème ? Pas pour L’UNSA Cheminots qui affirme qu’il faut y intégrer les dégâts collatéraux de SIRIUS:
- suppressions de postes (plus de 80 budgétés)
-évolutions dans les modes de commande des ADC avec à terme une dématérialisation des prises et fins de service
-rupture des derniers liens sociaux avec les DPX et GM
Pour l’UNSA Cheminots, ces dégâts collatéraux génèrent des dysfonctionnements majeurs. S’attacher à les résoudre est impératif. Il faut rompre l’isolement que l’entreprise s’évertue à créer autour de l’acteur sécurité qu’est l’ADC. Le Directeur de la Traction prônait, il y a peu, lors d’une audience avec l’UNSA, qu’il ne fallait pas bouleverser le domaine ! Alors dans ce cas pourquoi bouleverser l’environnement de l’ADC?
L’UNSA Cheminots ne laissera pas quelques éléments financiers faciliter l’acceptation de l’outil. Elle revendique la création de postes qui seront forcément nécessaires pour assurer la logistique de l’Outils SIRIUS. Ces mêmes postes qui demain offriront peut être les seules possibilités de reclassement.
Dans tous les cas, espérons sincèrement que SIRIUS ne sera pas le dernier projet qui donne encore une certaine légitimité au Domaine traction face à l’appétit grandissant des Activités.